Yes Maybe No

«Est-ce que c’est vrai?»

Je pouvais pas vraiment me cacher. Tout le monde le savait, que j’avais dit «oui».

J’ai juste pensé à toi, sur le coup. J’ai pensé à nous deux. La chienne m’a rongé les tripes pendant un instant. Les rires, les petits projets de vacances, la musique, la complicité, tout ça, pour moi, ça effaçait l’esti de cochonnerie compliquée qui flotte entre nous deux depuis le premier jour. Une partie de moi avait cruellement le goût de faire fuck off, fuck tout, et de nous donner une millième chance. Une chance de quoi? J’étais pas certaine. Alors je m’en suis tenu à mon «oui» pour lui, parce qu’après tout, je n’avais toujours eu que des «peut-être» pour toi.

Faut dire aussi que tu te sauvais de moi depuis des semaines, depuis des mois. Tu t’étais mis dans la tête que j’allais partir, parce que pour toi tout le monde part, et que c’était mieux de couper les ponts tout de suite que d’attendre et souffrir plus tard. J’ai désespérément tenté de te ravoir, d’attirer ton attention, je t’ai harcelé pendant des semaines; tout ça, c’est vrai, en tombant tranquillement amoureuse de quelqu’un d’autre. Mais il y avait toujours toi, en background, dans ma tête. Est-ce que c’était de la nostalgie, ou la facilité, ou encore le confort de savoir que quelqu’un nous aime, nous aime mal, oui, mais nous aime quand même? Ça m’importait peu, au fond, parce que ça avait toujours été ça entre toi et moi.

Mais ça ne marchait pas. Ce n’est pas possible, de se crisser des volées en pleine rue, un soir d’hiver où trop d’alcool, l’effervescence des retrouvailles et l’intensité des non-dits prennent des proportions ridiculement démesurées. Ce n’est pas possible non plus de te laisser devenir moi, aimer ce que j’aime et faire ce que je fais, pas pour toi mais pour moi, avec un besoin maladif d’avoir mon approbation. Ce n’est pas possible de te laisser me prendre puis me jeter parce que tu préfères être celle qui repousse que celle qui tombe. Non, ça ne marchait pas, parce que toi, personne ne t’a montré comment aimer, et moi, on m’aime à la tonne mais je n’y crois jamais.

«Est-ce que c’est vrai?»

J’ai osé te dire que pas tant que ça. Je sais pas pourquoi. Je sais pas si je ne voulais pas te faire de peine, ou si je refusais de m’avouer que ça signifiait qu’enfin j’avais pris une décision et que tu ne serais plus une option.

Je t’avais tout caché, tout ce temps-là. Ou plutôt, je ne t’avais simplement rien dit. Parce que tu me fuyais, et que je refusais de balayer ce qu’on avait à coups de textos échangés à toute vitesse. J’avais besoin de faire les choses correctement, ne serait-ce que par respect pour ce que nous sommes, les rares fois où nous sommes.

Tu m’as déversé tout un tas de marde sur la tête. Un esti de tas de marde. Je sais pas si je le méritais en entier, mais je l’ai pris; tu sais que la culpabilité est une arme gravement efficace contre moi, et tu t’en es donné à coeur joie. J’ai essayé de t’expliquer, de te dire que je tenais à toi et que c’était pour la vie, que je m’en voulais à mort, mais il n’y avait rien à faire. Ça s’est terminé sur un «OK» glacial, un matin de février. Ce jour-là fut horrible: il m’a fait douter de mon «oui», que j’ai immédiatement voulu reprendre et faire marche arrière. Puis les jours ont passé, parce que tout passe. J’ai parlé de toi longuement, même à lui, flottant un peu sur le guilt trip dans lequel tu m’avais jetée, mais surtout, je le sais aujourd’hui, par habitude. Et aujourd’hui, les rares fois où on se croise, c’est comme si je n’existais plus. J’ai disparu à tes yeux. C’est triste, mais c’est étrangement une tristesse de principe. Comme si je voyais enfin clairement ce que nous sommes vraiment plutôt que ce que je voudrais que nous soyons.

Mon «oui» est rapidement redevenu un «pas tout de suite».

Ça s’est fait plutôt facilement, me laissant un léger vague à l’âme et quelques graffignes à l’égo, mais pas sans portes ouvertes; ça s’est fait doucement, calmement.

Encore une fois, sur le coup, j’ai pensé à toi.

C’est fou comme le coeur se rappelle, comme le réflexe d’aimer certaines personne est profondément ancré en nous.

J’ai pensé à toi. Quelques instants. Pour enfin me rendre compte que même si avec lui, ce n’était plus un «oui», avec toi, c’était maintenant un «non».

Et ça va.

Je te souhaite des milliers de beaux jours d’été et du love à la pelle.

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