Ça va comme un sixième jour.

Il fait tempête. On sentait le printemps vouloir se pointer, pousser l’hiver d’un coup de coude et faire fondre les derniers amas de neige. Mais non. Ce matin, c’est blanc de bas en haut, du blanc à n’en plus finir, et c’est froid et ça te colle aux pieds.

Je tombe amoureuse en hiver. C’est classique. Le corps voit venir les grands froids et cherche un épiderme auquel se mouler. J’entre dans un haze de buée, je fonds à grands coups de love et de rire, il fait un ciel de mai. C’est le printemps par en-dedans. Décembre n’existe plus.

Mais c’est encore l’hiver. Et malgré les vacances, malgré la magie, malgré ses yeux posés sur moi comme si rien d’autre n’existait, malgré les grandes chaleurs qui gagnaient du terrain, le froid l’emporte, et la proximité d’autres épidermes aussi. Mon hiver est trop loin du sien, et le rêve des prochains printemps à deux ne suffit plus.

J’ai pleuré. J’ai pleuré écrasée dans mon lit, en priant à voix haute qu’il me revienne. J’ai pleuré en me réveillant, en me rendant compte que je n’avais pas rêvé. J’ai pleuré un peu dans l’autobus, une de ses chansons préférées s’étant accidentellement frayé un chemin dans ma playlist. J’ai pleuré en revenant du travail, tendue comme une barre de fer. J’ai pleuré dans la douche, sous l’eau brûlante, amortie par l’épuisement et deux-trois puffs de weed. J’ai pleuré lorsqu’il m’a écrit, quelques jours après, pour savoir comment j’allais,considering; je n’ai pas répondu. J’ai pleuré tous les esti de jours. J’ai pleuré, tabarnac, jusqu’à en avoir le visage gonflé et les yeux creux et le teint livide. Et le pire est à venir, quand la distance se fera sentir, quand il me manquera douloureusement, quand la solitude me frappera à grands coups, quand les grands froids me garderont éveillée de longues heures durant.

Ce serait tentant de dire que je n’aurais jamais du, que c’était une erreur, que c’était surtout trop beau pour être vrai, que les contes de fées ça n’existe pas. Mais non. Ça existe. J’en ai eu un, et j’en aurais d’autres. Et si jamais je ne croise plus jamais son chemin, j’aurai pour lui la reconnaissance éternelle de m’avoir fait croire à l’amour, l’amour fou et romantique, l’amour plus grand que nature, l’amour qui fait de toi une nouvelle personne. J’ai croisé une âme soeur; j’aurais voulu le garder plus longtemps, et peut-être qu’il me reviendra, mais si ce n’est pas le cas, je sais au moins qu’il existe, et qu’il y en a d’autres. Je crois aux étincelles, aux étoiles dans les yeux, à quelqu’un qui te renverse.

«-But I love him.

-So love him.

-But I miss him.

-So miss him. Send him some love and light every time you think about him, then drop it.»

Aujourd’hui, ça va. Ça va comme un sixième jour.

Source: La vie palpitante de Ariane B

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