Maybe you have to let go of who you were to become who you will be.

-Maybe it’s time that I stop being so angry.
-Yeah, but what would you do with all your free time?

Que se passe-t-il quand tout va bien?

Eh bien, tout va bien.

Plus de souffle court, plus de boule dans la gorge, plus d’ongles dans les avants-bras, plus d’estomac qui s’enflamme, plus de muscles tendus comme des fils de fer.

Plus de spinnage mental, de questions sans réponses ou de questions dont les réponses sont si évidentes qu’on fait comme si elles n’existaient pas, plus de nuit à tourner sans fin, plus d’interminables heures où la peau qu’on revêt semble avoir été empruntée à quelqu’un d’autre, plus de séances de violent vidage du contenu des tiroirs sur les murs.

Oui, c’est bien évident, il n’y a plus rien de tout ça, tout va bien.

Après des éternités de batailles sanglantes contre soi-même, et à la fois un peu sans s’en rendre compte, c’est fini. C’est passé. La cage thoracique s’ouvre et se referme, gobant des litres d’air comme une affamée, les yeux s’allument, la voix s’éclaire. Oui oui, comme la fleur au printemps and shit, comme la fin de l’hiver, c’est exactement comme ça. C’est passé.

Le monde semble immense, les passants semblent invitants, les nuits ne sont plus des grottes à mélancolie mais bien des dancefloors et des champs de lumière. Le temps s’accélère et pourtant, il semble y en avoir pour des kilomètres devant. On est beaux, on est jeunes, on est parfaits, man, la vie, c’est incroyablement incroyable.

Alors OK. Tout va bien.

Mais après, quoi?

Qu’est-ce qu’il faut faire lorsqu’on ne spin pas, lorsqu’on ne délire pas, lorsqu’on ne s’emporte pas sur des délires mentaux sans fin? Qu’est-ce qu’il faut faire de ces heures désormais complètement libres de toute tempête?

Et si ça recommençait?

Vaudrait-il mieux ne pas s’habituer à ce nouvel état de plénitude? Vaudrait-il mieux attendre patiemment que les pensées recommencent à s’emballer, que les pieds dérapent à nouveau? Est-ce trop téméraire d’assumer qu’à partir de maintenant et pour toujours, c’est fini, c’est passé, c’est loin derrière?

Parce que c’est tellement tentant de rester on the edge entre les deux, un orteil trempé dans la panique, juste au cas. C’est tellement rassurant. C’est facile! J’y ai été mille fois, j’en connais tous les coins noirs, j’en ai même fait une carte routière, j’en ai fait un plan.

Vaudrait-il mieux y rester?

Parce que je regarde devant moi. Il y a des chansons. Il y a des milliers de mots. Il y a des personnes que je chéris de toute mon âme. Il y a l’amour qui semble vouloir peut-être un peu s’inviter. Il y a des rires, des photos sur les murs, de la musique à tue-tête, des panaches, des stroboscopes. Il y a tout ce que j’ai toujours voulu, parce que je l’ai souhaité, parce que je l’ai créé, parce que je l’ai attendu, parce que je savais.

Je me suis vue venir.
Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve and shit.
Ultra-cliché, je sais.
Mais avec tellement de garbage derrière, et tellement de bijoux devant.
On aurait peur à moins que ça.

Alors, on fait quoi?

Ben.
Tout ça, tu l’as gagné, c’est dans tes poches.

Alors, ben.
Enjoygirlfriend.

Source: La vie palpitante de Ariane B

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s